Depuis début 2024, le marché immobilier français traverse une crise sans précédent. Le nombre de logements neufs mis en vente a chuté de 29 % par rapport à 2023, atteignant son plus bas niveau depuis 1995. Hausse des taux d’intérêt, coût des matériaux, frilosité des banques : tout cela a freiné la construction de logements. Pour y répondre, le gouvernement a lancé un « choc d’offre » afin de lutter contre la pénurie de logements. Parmi les premières mesures : la désignation de 22 territoires engagés pour le logement, dont plusieurs en Île-de-France, avec pour objectif 30 000 logements supplémentaires d’ici 2027.
Pour relancer la construction de logements neufs, l’État prévoit le rachat de 50 000 logements invendus via Action Logement. Un fonds de 100 millions d’euros est aussi mobilisé pour aider les maires à délivrer davantage de permis de construire. La durée de validité des autorisations d’urbanisme est prolongée de 2 à 4 ans, et une simplification du droit de l’urbanisme est en préparation. Ces actions visent à redynamiser les chantiers dans les zones tendues et à lever les freins administratifs rencontrés par les élus locaux.
En 2024, près de 99 000 logements sociaux ont été financés, soit une hausse de 8 % sur un an. Le gouvernement a abaissé le taux du Livret A à 2,4 %, allégeant les charges des bailleurs sociaux. Une autre priorité est la transformation de bureaux vacants en logements, notamment en Île-de-France où 15 % du parc tertiaire est vide. Un permis multi-destinations a été instauré et les immeubles convertis seront exonérés de taxe sur les bureaux. L’objectif : créer jusqu’à 70 000 logements supplémentaires sans artificialiser de nouveaux sols.
Le dispositif Pinel, qui permettait de réduire ses impôts en investissant dans le locatif neuf, prend fin au 31 décembre 2024. En parallèle, le prêt à taux zéro 2025 a été renforcé et prolongé jusqu’en 2027. Il peut financer jusqu’à 50 % du montant d’un achat immobilier pour les foyers modestes. Environ 6 millions de ménages supplémentaires deviennent éligibles grâce à l’augmentation des plafonds de revenus. Le PTZ est réservé aux logements neufs en zones tendues ou à l’ancien avec travaux. Une version spécifique est aussi proposée aux locataires HLM devenant propriétaires.
Depuis le 1er janvier 2025, il est interdit de mettre en location un logement classé G au DPE. Cette interdiction s’étendra aux logements F en 2028 et E en 2034. Pour corriger un biais affectant les petites surfaces, un arrêté du 25 mars 2024 a modifié les seuils de calcul pour les logements de moins de 40 m². Résultat : environ 140 000 studios ont été reclassés vers de meilleures étiquettes énergétiques. Un simulateur officiel permet aux propriétaires concernés d’obtenir une attestation de nouvelle étiquette sans avoir à refaire un diagnostic complet.
En parallèle, un plan national de fiabilisation du DPE a été lancé en mars 2025. Il prévoit notamment :
Le gouvernement étudie également la création d’un ordre professionnel des diagnostiqueurs immobiliers, et le lancement d’une formation dédiée post-bac pour structurer durablement la profession. Enfin, une proposition de loi est en discussion pour adapter les exigences DPE aux bâtiments anciens ou patrimoniaux, afin de concilier performance énergétique et préservation du bâti.
Entre reconversion de bureaux, aides à l’accession, rénovation énergétique et simplification des démarches, les mesures logement du gouvernement sont ambitieuses. Mais elles devront encore faire leurs preuves. La France a besoin de 500 000 nouveaux logements par an pour répondre à la demande. En 2024, elle en a produit moins de 300 000. Les mois à venir seront déterminants pour transformer ces annonces en résultats concrets sur le terrain.